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COP 2026-2030 du CEA : de quoi parle-t-on ? pourquoi cela concerne tout le territoire ?

Il ne s’agit pas de la « COP climat ». Au CEA, le COP est le « Contrat d’objectifs et de performance » : la feuille de route que l’État fixe à l’organisme pour les cinq prochaines années, de 2026 à 2030.

Un contrat qui engage bien plus que le CEA

Le CEA, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, est un acteur majeur de la recherche française. Il travaille sur l’énergie, la santé, le numérique et la défense. Sur le site de Marcoule, dans le Gard, il fait vivre un tissu de laboratoires, d’installations, d’entreprises sous-traitantes et de familles.

Le COP définit ce que le CEA devra accomplir d’ici 2030. Il est actuellement soumis à la consultation du Comité national, où siègent les représentants du personnel. Ceux-ci doivent examiner les orientations proposées et leurs conséquences possibles pour les salariés.

Ce que prévoit le projet

Les ambitions sont nombreuses :

  • la relance du nucléaire et les recherches sur le cycle du combustible ;
  • les réacteurs de recherche et de nouvelles technologies nucléaires (RJH, SMR) ;
  • la fusion ;
  • les batteries, l’hydrogène et le photovoltaïque ;
  • l’intelligence artificielle, le quantique et la cybersécurité ;
  • les technologies pour la santé et la recherche fondamentale ;
  • l’assainissement et le démantèlement ;
  • la sûreté et la sécurité ;
  • l’adaptation au changement climatique ;
  • les partenariats industriels, européens et internationaux.

Autrement dit, le CEA se voit confier beaucoup d’ambitions nouvelles ou renforcées. Ces missions touchent à l’énergie, à la santé, à la sécurité et à la souveraineté technologique du pays.

Où est le problème ?

Le projet reconnaît un contexte de finances publiques contraintes. Il prévoit davantage de projets, de nouvelles technologies, plus d’exigences de performance et la simplification des organisations. Mais il impose en même temps un plafond d’emplois et un schéma d’emploi.

Surtout, le COP ne donne pas de visibilité claire sur les moyens humains. Des questions essentielles restent sans réponse :

  • Combien de salariés seront nécessaires demain ?
  • Quels métiers devront être renforcés ?
  • Quels postes pourraient disparaître ou évoluer ?
  • Quels recrutements sont prévus ?
  • Comment seront remplacés les nombreux départs ?
  • Comment les savoir-faire seront-ils transmis ?
  • Quelle évolution pour la sous-traitance ?
  • Comment sera maîtrisée la charge de travail ?

Pourquoi cela concerne aussi les entreprises et les habitants du territoire

Derrière chaque objectif du COP, il y a des équipes, des compétences, des installations, du temps de travail et des moyens. Sur un site comme Marcoule, les choix faits pour le CEA ont des effets en chaîne :

  • sur la sûreté et la qualité du travail : une charge de travail mal maîtrisée et des compétences qui se perdent fragilisent des activités exigeantes ;
  • sur les entreprises sous-traitantes, qui travaillent chaque jour avec le CEA et dépendent de ses programmes ;
  • sur l’emploi et l’attractivité du territoire, car les recrutements, les départs et les formations pèsent sur toute l’économie locale ;
  • sur la transmission des savoir-faire, parfois construits pendant plusieurs décennies et difficiles à reconstituer une fois perdus.

Ce que revendique la CFE-CGC :

La CFE-CGC soutient l’ambition du CEA, mais demande que celle-ci ait les moyens de se réaliser. Elle réclame :

  1. une véritable trajectoire des effectifs jusqu’en 2030, avec une visibilité par grandes activités et par métiers ;
  2. des moyens humains proportionnés aux missions confiées au CEA : toute nouvelle mission doit entraîner les moyens nécessaires ;
  3. le remplacement et l’anticipation des départs, notamment dans les métiers scientifiques, techniques, de sûreté, de sécurité et les métiers critiques ;
  4. la préservation et la transmission des compétences, pour éviter la perte de savoir-faire ;
  5. une analyse de la charge de travail, notamment quand de nouveaux projets s’ajoutent aux activités existantes ;
  6. des garanties sur la sous-traitance, pour conserver au CEA les compétences indispensables à la maîtrise de ses activités et de ses installations ;
  7. une évaluation des conséquences de l’IA et de la simplification des organisations sur le travail et les emplois, avant toute transformation importante ;
  8. des indicateurs sociaux dans le suivi du COP, au même titre que les indicateurs scientifiques, techniques et financiers : charge de travail, postes vacants, turnover, absentéisme, métiers en tension, conditions de travail ;
  9. enfin, un principe simple : pas d’objectifs supplémentaires sans moyens supplémentaires.

Performance, oui ! mais pas au détriment des salariés.

Le CEA a besoin d’ambition, mais l’ambition doit avoir les moyens de ses ambitions. La CFE-CGC SICTAM sera force de proposition et restera vigilante pour que les ambitions du COP se traduisent par des moyens humains à la hauteur des enjeux.

Ensemble, défendons un CEA performant et respectueux de ses salariés !

Une question, une remarque ? Contactez la section CFE-CGC SICTAM de Marcoule.

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